Dessinatrice : Claire Robert

En Guyane Française, au cœur de la forêt amazonienne, sur les terres ancestrales du peuple Kali’na, le fonds d’investissement Merediam a commencé à raser une parcelle de 78 hectares de forêts pour y installer des panneaux solaires. Ce projet de centrale électrique mêlant solaire et photovoltaïque est présenté comme exemplaire sur le plan social et environnemental. Pourtant, il déroge au droit des peuples à disposer de leurs terres. Les riverains se mobilisent pour dénoncer la destruction de la biodiversité, mais aussi la spoliation des terres qui leur permettent de vivre et se nourrir dignement.
En Palestine occupée, les effets de la colonisation sur la souveraineté alimentaire des populaires locales est également très visible. Les violences issues des colonies, en forte hausse depuis 2017 , et d’autant plus importante depuis le 7 octobre 2023, restreignent l’économie locale. Au delà des violences physiques, les terres agricoles et les cultures sont particulièrement ciblées. C’est par exemple le cas au moment de la récolte des olives qui est aussi un moment culturel symbolique. Il y a par ailleurs beaucoup de moyens (administratifs, légaux, financiers, spatiaux) par lesquels Israël rend « captive » l’économie palestinienne. Des organisations palestiniennes organisent des projets de fermes et de coopérative, comme une nouvelle forme de résistance pour préserver leurs ressources et savoir-faire menacés par la colonisation.
La colonisation se définit comme « La mise en dépendance d’un territoire et/ou d’un État par une métropole coloniale ». Christelle Taraud, 2018. En analysant la situation de l’environnement et des droits des peuples à l’échelle internationale, il est difficile de fermer les yeux sur l’influence et la place destructrice des anciennes puissances coloniales qui continuent de s’accaparer les richesses des pays du sud global, notamment par l’implantation d’entreprises multinationales.
Souvent, ce pouvoir colonial s’exerce par de grand projets d’extractivisme qui polluent la terre et s’accaparent les ressources naturelles, empêchant les population autochtones de subvenir à leurs besoins. La délocalisation des infrastructures polluantes et destructrices de l’environnement se fait très souvent au détriment des droits des populations vivant dans les pays colonisés ou anciennement colonisés. La délocalisation de la pollution permet de prétendre développer des pratiques vertueuses écologiquement, car les dégâts causés le sont loin des yeux des françaises et française.
Pour aller plus loin :
- « Écologie décoloniale et racisme environnemental » A l’écoute des solidarités, le podcast du Festival des Solidarités, le 20 novembre 2020
- « Racisme, colonialisme et changement climatique », Passerelles, Ritimo, 17 mai 2023
- « Amazonie : Sous la jungle, le pétrole », We Made It #5, Amnesty International
- « Ecologie décoloniale, racisme environnemental, écologie populaire », Histoires crépues
Propositions de phrases pour animer un débat mouvant :
- « Pour préserver la nature, il faut éloigner les êtres humains »
- « Si une entreprise paye, il est normal qu’elle puisse exploiter les ressources d’un pays étranger »
- « Les pays riches ont le devoir de nourrir le monde »
