Collectif Pinar Selek Lyon

  • Nom de la structure : Collectif Pinar Selek Lyon
  • Type de structure : Autre

Pinar Selek est féministe, antimilitariste, sociologue, écrivaine et militante.
Née en 1971 à Istanbul, elle construit sa vie, ses engagements et ses recherches autour de l’adage «la pratique est la base de la théorie ». En 1997 elle obtient son DEA de sociologie avec un mémoire intitulé : «La rue ülker : un lieu d’exclusion », recherche menée sur et avec les transexuels et travestis. Parallèlement, elle entame ses recherches sur la question kurde et effectue plusieurs voyages au Kurdistan, en France et en Allemagne, pour réaliser une soixantaine d’entretiens destinés à alimenter un projet d’histoire orale.

Le 11 juillet 1998 elle est arrêtée par la police d’Istanbul et torturée pour la forcer à donner les noms des personnes qu’elle a interviewées. Elle résiste et une nouvelle forme de torture est alors utilisée : elle est accusée d’avoir déposée la bombe qui aurait, le 9 juillet 1998, fait sept morts et plus de cent blessés au marché aux épices d’Istanbul. Plusieurs rapports d’expert ont beau certifier qu’il ne s’agit pas d’une bombe mais de l’explosion accidentelle d’une bouteille de gaz, c’est le début d’un acharnement politico-judiciaire qui est aujourd’hui dans sa dix-septième année.

Elle passe deux ans et demi en prison et une grande solidarité se met en place qui réunit de nombreux avocat-e-s, des intellectuel-le-s et beaucoup de personnes qu’elle a croisées au cours de ses engagements et de ses recherches.

En décembre 2000 elle est finalement libérée et, concrétisant un projet mûri en prison, elle met à profit sa notoriété pour organiser une grande «Rencontre des femmes pour la paix » à Diyarbakir. Cette première mobilisation sera suivie d’autres rencontres qui auront lieu à Istanbul, Batman et Konya.

En 2006 elle est finalement acquittée après un travail énorme du collectif d’avocats pour faire tomber une à une toutes les accusations basées sur de faux témoignages extorqués sous la torture et la fabrication de fausses preuves. Mais la cour de cassation s’acharne et fait appel au verdict. Pinar Selek continue à organiser et à participer à de nombreuses rencontres et manifestations antimilitaristes. Elle écrit également dans divers journaux et magazines contre le militarisme, le nationalisme, l’hétérosexisme, le capitalisme, et toutes les formes de domination.

Pinar Selek vit aujourd’hui en exil en France et résiste à la torture psychologique que représente cet acharnement de 17 années contre elle et ses proches. Mettant en pratique ses analyses sur la nécessité de la convergence des luttes face à l’intersectionnalité des systèmes de domination, elle continue d’écrire et de participer à de nombreuses rencontres un peu partout en France et en Europe. Elle tient une rubrique régulière dans le magazine Rebelle Santé, participe à la revue Silence et publie des articles dans des ouvrages collectifs. Elle s’investit au sein de l’association lesbienne et féministe La Lune de Strasbourg et chante dans une chorale de chants révolutionnaires à Lyon.

Le mouvement féministe représente pour elle une dissidence dont le projet va bien au delà d’une lutte pour l’égalité. Pinar Selek s’inscrit dans les luttes locales et internationales contre toutes les formes de domination en espérant contribuer à réinventer la politique malgré la violence extrême et voir un jour un monde de paix et de justice, pour toutes et tous.

En France et dans toute l’Europe, de nombreux collectifs de solidarité soutiennent Pinar dans son combat judiciaire et s’inspirent de ses réflexions sur la nécessaire articulation des luttes.

Lire une bio plus complète de Pinar : http://pinarselek.fr/?page=bio