Dessinatrice : Claire Robert

Au début de l’année 2024, la France comme plusieurs pays d’Europe, a connu une révolte des agriculteurs et agricultrices. La revendication phare de ce mouvement, commun à tous les syndicats, était la nécessité de vivre d’un revenu décent. Pourtant, cette colère a été résumée par certains médias et personnalités politiques à une lutte contre les normes environnementale, opposant ainsi les intérêts des paysans et paysannes à ceux des défenseurs et défenseuses de l’environnement.
Dans d’autres pays du monde, la situation des travailleurs agricoles est loin d’être meilleure. En Équateur, la réalité des travailleurs agricoles dans les productions de bananes sont proches de l’esclavage, les femmes sont victimes de violences sexistes et sexuelles au travail, et les terres agricoles sont accaparées par de grandes multinationales obligeant les populations locales à s’organiser collectivement pour accéder à leurs droits par la lutte syndicale, la désobéissance civile et la création d’alternatives durables.
Les paysans et paysannes qui nourrissent le monde, font très souvent partie des populations les plus précaires. Pourtant, des solutions politiques existent pour atteindre la souveraineté alimentaire définie comme « le droit des populations, de leurs pays ou union à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping vis-à-vis des pays tiers » (définition de la Via Campesina en 1996).
Comme l’illustre le traitement médiatique de la révolte des agriculteur.rice.s en 2024, ou encore le mouvement des gilets jaunes en 2018, le discours dominant tente souvent d’opposer les revendications écologistes avec celles en faveurs de la justice sociale. Pourtant, ces deux combats sont indissociables. En France, comme partout dans le monde, les populations précarisées sont les premières victimes du dérèglement climatique et de la pollution avec en première ligne les femmes et les personnes racisées. En effet, ce sont dans les quartiers populaires que se trouvent les taux de pollution les plus élevés, et les projet polluants sont souvent délocalisés dans les quartiers populaires ou les zones rurales isolées. Leurs habitants cumulent alors inégalités sociales et environnementales. Fatima Ouassak, dans son ouvrage « pour une écologie pirate » revient sur l’importance de porter une écologie populaire pour remettant la justice sociale au cœur des mouvements écologistes.
Pour aller plus loin :
- « L’écologie, un problème de riche ? », Guide Pratique, Ritimo, 2021
- « Rendez l’écologie aux quartiers populaires », Kiffe ta race, épisode 98
- Ressources Festisol sur la souveraineté alimentaire
- « Agriculteurs : Les solutions sont là, mais macron n’en veut pas », Blast, 2024
- « Quelle écologie dans les quartiers populaires ? », Revue Silence, n°528, janvier 2024
- « L’écologie pirate : un projet de résistance pour se libérer », Blast, 2023
Proposition de phrases de débat mouvant :
- Il n’y a pas de justice sociale sans transition écologique
- Il n’y a pas de transition écologique sans justice sociale
- L’écologie est un problème de riches