Le vendredi 7 août 2026, au cœur du Forum Social Mondial à Cotonou (Bénin), une série d’ateliers se sont tenus dans l’objectif de faire découvrir des dynamiques d’ECSI et notamment le fonctionnement et le déploiement international du Festival des Solidarités (Festisol) à travers des activités ludiques et participatives. Porté conjointement par le CRID, le Réseau URUNANI, Sterna Africa, la MCM 44 et Terrafrik Guinée, l’atelier consacré aux « Dynamiques d’éducation populaire et d’ECSI au service de la mobilisation des jeunesses et des citoyen.nes » a réuni des participant·es d’Afrique et d’Europe pour une journée d’échanges, de co-construction et d’action collective.

Redéfinir l’ECSI et l’éducation populaire : une démarche horizontale et partagée
La journée a démarré dans une ambiance conviviale et ludique avec un jeu d’interconnaissance autour d’une balle, permettant à chacun et chacune d’exprimer sa vision de la mobilisation citoyenne.
De ces échanges riches ont émergé des définitions vivantes et partagées :
- L’éducation populaire, c’est une éducation ancrée dans la communauté et la rue, un espace horizontal d’échange où chacun apporte son expérience sans posture de « sachant ».
- L’Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale (ECSI) est un processus continu qui part de l’ancrage local (« chez soi ») pour comprendre les interdépendances mondiales, développer des compétences psychosociales et se donner les moyens d’agir collectivement.
L’art comme outil de transformation : Focus sur le projet « Regards croisés »
L’un des moments forts de la rencontre a été le retour d’expérience sur le projet « Regards croisés : voix des jeunes, voix des femmes », mené en partenariat entre la MCM 44 (Nantes) et Terrafrik Guinée.
Né des liens étroits entre les territoires et de valeurs partagées, ce projet s’est inscrit directement dans le thème du focus du Festisol : « Environnement et Droits des Peuples ».
La création et l’usage de l’art comme outil de mobilisation
Tout au long du projet, les jeunes de Nantes, Conakry et Kindia ont mobilisé des formes artistiques fortes — notamment le théâtre, le slam et la poésie — pour dénoncer les injustices, sensibiliser les communautés et appeler à l’action collective.
L’apogée de cette démarche a été la résidence artistique de juillet 2026 à Kindia, qui a donné naissance à la Déclaration de Kindia : un ensemble d’interpellations percutantes adressées aux autorités et à la société civile en faveur de la justice environnementale et de la décolonialité.
Mettre la main à la pâte : Créativité collective et outils pédagogiques
L’après-midi a laissé place à l’expérimentation pratique :
- Un nouveau regard sur le monde : À partir d’un planisphère carré — outil pédagogique innovant développé par l’association Nuées et qui a été redistribué aux participant·es —, le groupe a déconstruit les représentations cartographiques traditionnelles pour adopter une vision plus réaliste du globe tout en y inscrivant les mobilisations citoyennes qui les ont marqué·es.
- Passons à l’action ! Réparti·es en sous-groupes, les participant·es ont ensuite conçu en un temps record leurs propres supports d’animation (saynettes de théâtre-forum, discours engagés, poèmes) pour sensibiliser à des problématiques communautaires locales.
Cette mise en pratique a prouvé une fois de plus que l’art et la création collective permettent de libérer la parole, de briser les tabous et de remobiliser l’espace citoyen, même face aux restrictions et au manque de soutien politique.
Et maintenant ?
Les retours très enthousiastes de cet atelier témoignent de l’urgence et du besoin de maintenir ces ponts transnationaux entre l’Afrique et l’Europe, s’il fallait encore s’en convaincre après les enseignements de la dernière RIEPS au Cameroun.
Ces échanges et ces outils nourrissent directement nos actions pour les prochaines éditions du Festival des Solidarités. Rendez-vous en novembre pour continuer à faire vivre ces solidarités en actes !