Pendant 3 mois, des membres de l’équipe du CRID ont suivi la formation Animacoop pour la facilitation de projets coopératif et l’animation de réseaux. Un programme riche qui nous a permis de mieux comprendre les dynamiques de groupe et de découvrir de nouvelles méthodes d’intelligence collective pour favoriser l’émancipation de toutes et tous grâce à la collaboration et le développement de communs. Pour Animaccop, les outils de coopération doivent rester des biens communs. C’est pourquoi toutes les ressources produites par sont accessibles en ligne. Nous vous en partageons ici quelques unes.

Coopérer d’accord, mais pourquoi ?
Dans une société capitaliste ou prime la compétition, la coopération n’est pas une compétence intuitive pour toutes et tous. Pourtant, elle semble plus que jamais essentielle pour favoriser la transformation de nos modèles de sociétés. Pour nous diriger ensemble vers un monde plus juste, égale et solidaire, les compétences collaboratives nécessitent des savoirs-faire et savoirs-être qu’il nous faudra bien souvent réapprendre.
Les étapes de vie d’un groupe
La coopération, ça prends du temps. Un groupe n’aura pas la même faculté à coopérer si ces membres viennent à peine de se rencontrer, que si elle est à l’œuvre depuis plusieurs années et que le groupe a su déterminer son objectifs commun et les intérêts de chacun.e. Les étapes de vie d’un groupe sont importantes à considérer pour avancer étape par étape. Pour bien coopérer, il est essentiel de commencer par s’accorder sur les valeurs du groupe et les modalités de coopération.
Accompagner l’implication des membres
Tous les membres d’un groupe n’ont pas les mêmes ratio d’implication, et c’est normal ! Un collectif, c’est mouvant. Tout au long de votre projet, des personnes vont le rejoindre, d’autre le quitter, certaines personnes vont s’impliquer davantage puis un peu moins selon les périodes de leurs vie.
A titre d’exemple on peut distinguer :
- Les « proactifs·ives » qui prennent des initiatives (environ 1%)
- Les « réactifs·ives » qui réagissent lorsqu’on les sollicite (environ 10 à 15% du groupe)
- Les « observateurs·rices » qui suivent les travaux du groupe, les utilisent pour eux·elles, même s’ils·elles ne participent pas.
- Les inactifs·ives.
En tant qu’animateur ou animatrice de groupe, votre rôle sera d’accompagner à l’engagement. En effet, bien que l’on ne puisse pas « impliquer » une personne dans un collectif, il est possible de « créer les conditions de l’implication ». De la même manière que l’accueil des nouveaux-elles arrivants dans un collectif est important, il l’est tout autant d’accompagner la désimplication des membres. Il est également tout à fait normal que des personnes choisissent à un moment donné de se désimpliquer d’un projet. Il est possible de faire en sorte que ce départ se fasse en douceur en remerciant les personnes pour leur implication et en veillant à la transmission du savoir et des apports de cette personne pour le collectif.
D’une logique d’intention à une posture d’attention
En tant qu’animateur·rice d’un projet collectif, on peut avoir tendance à vouloir prévoir dès le début tous les objectifs et résultats du projet et de vouloir résoudre les problèmes avant même qu’ils n’apparaissent. Pourtant, pour que la coopération opère dans un groupe, le processus est souvent plus important que le résultat. Même si ça peut être difficile, l’animateur·rice doit parfois mettre de côté ses idées pour privilégier l’écoute et l’observation du collectif !
Communiquer : oui mais pas trop !
L’infobesité est un concept qui décrit le trop plein d’information qui peuvent parfois venir encombrer nos dynamiques de groupes, au point de mettre des barrières à la coopération. Si trop d’informations sont partagés, le risque est d’arriver à une situation ou plus personne ne lit plus aucune information.
Pour favoriser la communication et le partage d’information au sein d’un groupe, la mise en place d’une gare centrale un est élément important pour favoriser son autonomisation. Il s’agit d’un espace de centralisation de l’information (numérique ou réelle) qui permet de rendre visible tous les éléments utiles aux membres d’un collectif pour être en capacité de s’impliquer dans le projet et de collaborer. Par ailleurs, il est utile de se souvenir que l’outil idéal n’existe pas : c’est à l’animateur·rice de trouver les outils les plus adaptés aux besoins du groupe.
De l’individuel au collectif
Un collectif est toujours traversé par différents niveaux d’intentions qui cohabitent : nos intention personnelles, nos intentions sociales et l’intention de notre projet. Prendre conscience que ces intentions existent et doivent cohabiter permet d’identifier des potentiels conflits et de les travailler.
Prendre en compte les individualités au sein d’un collectif suppose également de travailler sur la communication inter-personnelle. En effet, chaque individu peut être traversé par des états physiques et intellectuels qui peuvent impacter son implication voire l’ensemble du groupe si ces états ne sont pas partagés. Les méthodes de communication non violente (outils CANV) peuvent être très utile pour favoriser une communication claire et bienveillance au sein d’un groupe.
De l’animation participative à la gouvernance partagée
Bien animer les réunions, c’est un préalable essentiel pour favoriser la coopération au sein d’un groupe. Pour cela, quelques méthodes vous permettront de rendre vos réunions plus efficaces, bienveillantes et conviviales : définir les accords de groupe, favoriser l’interconnaissance, veiller à la circulation de la parole, distribuer des rôles, ritualiser des moments, centraliser les informations …Enfin, il vous faudra trouver le bon outil pour construire une animation participative !
Qui prend les décisions ?
Au sein d’un projet collectif, il faut parfois prendre des décisions. Si les processus de prise de décisions ne sont pas clairement définis par le groupe, la prise de décision peut être source de tension ou de conflit pour le collectif. La première décision à prendre collectivement est le périmètre et les modalités de prise de décisions. L’outil de prise de décision par consentement, issus des méthodes de la sociocratie peut être une bonne méthode pour trouver des décisions raisonnables pour toutes et tous. De nombreux autres outils numériques existent pour aider à la prise de décision. Mais une de fois de plus, c’est à vous de trouver l’outil de prise de décision le plus adapté à votre groupe !
Vers une gouvernance partagée
La question du pouvoir est rarement discutée dans nos organisations. Pourtant, elle est au cœur du fonctionnement de nos collectifs. La gouvernance partagée permet de rendre possible les initiatives individuelles et les décisions collectives. Elle permet de définir ensemble un espace permettant à chacun·e de s’exprimer et expérimenter dans un cadre collectif.
Pour des projets compostables, partager sans limites !
La propriété intellectuelle a comme objectifs de protéger les inventions et créations artistiques. Or, en protégeant de fait toute création, elle peut venir entraver la coopération en mettant des barrières au partage et à la transmission de ressources et outils.
La notion de biens communs numériques vient proposer un autre rapport à la propriété intellectuelle en proposant de partager des connaissances et contenus, au delà des limites découlant du droit d’auteur classique. Elle propose ainsi de permettre à d’autres de copier, diffuser et transformer des contenus légalement et dans le respect de la propriété intellectuelle pour favoriser la coopération. Pour cela, il vous suffit de publier vos ressources sous licence Créative Commons.
Rendre partageable et diffuser largement nos savoirs collectifs, c’est également un préalable essentiel pour penser la compostabilité de nos projets . Composter un projet, c’est préparer la mort des projets en permettant à chacune de leurs composantes de se rassembler à d’autres endroits et potentiellement avec d’autres personnes. Tout projet à vocation à se terminer un jour ou l’autre. Penser la compostabilité permet de penser sereinement la fin d’un projet en lui permettant de nourrir la naissance de nouveaux projets.